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Les seins nus sont à la peine

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Dimanche 29 août 2021, la journée mondiale des seins nus, prônant l’égalité homme/femmes en matière de torse nu en public, devrait avoir peu de succès en Europe. Un récent sondage réalisé par l’Ifop pour Cams affiche une baisse drastique des pratiquantes à la plage, alors que la mode utilise désormais le terme « monokini » pour vendre les traditionnels maillots de bains « 1 pièce ».

Venus d’Amérique du nord, le mouvement GoTopless incite chaque dernier dimanche d’août les femmes du monde entier à manifester seins nus dans les rues pour revendiquer le droit d’être seins nus dans l’espace public, au même titre que les hommes. C’est déjà possible à New-York, depuis plus de 20 ans, et dans l’état de l’Ontario, au Canada. En Europe, ce mouvement programmé ce dimanche 29 septembre n’est pas promis à un franc succès, et pas seulement à cause de son créateur, le mouvement Raëlien, créé par un français en 1975, et considéré par beaucoup comme une secte.

À Cartagena (Colombie), en Amérique du Sud, 2 militantes ont ainsi manifesté pour leurs droits égaux au topless le jour de GoTopless. La police a condamnée l’une d’entre elles pour ′′gêne publique′′ lorsque son mari était à côté d’elle, exposant ses mamelons aussi. Elle fera appel de l’amende devant le tribunal pour « contester la loi discriminatoire fondée sur le sexe« . On notera toutefois en « cache-tétons » l’emblème du mouvement raëlien, assimilable pour certains à un amalgame de l’étoile juive et de la svatiska !

Des actions Gotopless parisiennes

En 2019, comme en 2018, 5 membres (3 femmes et deux hommes) ont mené une action à Paris, sur les quais de la Seine, lors de l’opération Paris Plage. « Nous avons pu nous affronter au public pendant 32 minutes avant d’être arrêtés par la police. Nous n’avions duré que 2 minutes l’année précédente« , écrivent-elles sur le site du mouvement.  » La réaction des gens qui nous ont remarqués était pour la plupart non verbale. Nous avons remarqué l’étonnement, mais aussi l’envie et même l’admiration envers nous pour avoir osé faire ce que nous faisions. Au début, un groupe de femmes portant un maillot de bain deux pièces nous a gentiment avertis que la police était à proximité et qu’ils pourraient nous mettre à l’amende. Nous avons apprécié cet acte de solidarité et avons compris qu’ils approuvaient notre comportement« . Ce qui faisait dire à Marylin, responsable GoTopless à Paris, « être seins nus sur la plage de Paris Plage devrait être considéré comme normal ! Mais il y a une forte régression de l’activité topless chez les femmes sur les plages françaises. Donc, aller topless est redevenu indécent à certains endroits. Si vous n’exercez pas votre droit, vous le perdez tout simplement! Nous devons le reconquérir pour l’égalité ! ». Suite à cette action, affirme-t-elle, « nous avons également envoyé des lettres et des cartes « Happy Gotopless » à la maire de Paris, Mme Hidalgo, à son adjointe, Marlène Schiappa, et à toutes les déléguées du gouvernement Macron« .

Une pratique en régression constante !

Il y a loin de la théorie à la pratique. En 2020, après une action des gendarmes sur une plage méditerranéenne, Gérard Darmanin, ministre de l’Intérieur, avait affirmé que la pratique du monokini n’était pas interdite en France (sauf arrêtés municipaux). Mais cela n’implique pas qu’elle y soit importante, ou en expansion, loin de là. Et, récemment, au Québec, malgré un manque de législation, un incident concernant une jeune femme en monokini a justifié une prise de position de la fédération naturiste québécoise.

Une récente Étude Ifop pour Xcams Media réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 8 juillet 2021 auprès d’un échantillon de 1 500 femmes, représentatif de la population féminine française âgée de 18 ans et plus », publiée ce jeudi 26 août, parvenu à la rédaction de Nat’Hebdo, analyse auprès des françaises « les freins à l’exposition de leurs corps sur les plages et dans les lieux publics en été« . Et les résultats sont consternants, principalement chez les jeunes femmes. Ainsi, titre le Nouvel Obs sur le sujet « Feu le monokini, ou les tristes raisons qui incitent les françaises à ne plus bronzer seins nus » . A peine 19 % des Françaises de 18 ans et plus pratiquent sur la plage « les seins nus ». Elles étaient 34 % il y a 12 ans, en 2009. Mais 43 % à le faire au moins occasionnellement en 1984 !

Ce n’est pas la peur des maladies du soleil (cancer du sein, mélanome, etc) qui est avancé, comme ce fut le cas voilà quelques années, mais principalement le regard des autres, et l’image qui peut être donné d’elles ! Au point que pour beaucoup, la pratique des seins nus pourraient être assimilée à du « naturisme », et donc réservée à « des lieux faits pour ça« . Ce qui était l’argument donné voilà…50 ans ! Les réseaux sociaux sont passés par là…

Vous avez dit « monokini » ?

Comme le défini encore Wikipédia, la pratique du monokini est connue depuis les années 70 comme le fait pour les femmes de ne porter que le bas d’un maillot de bain deux-pièces. Mais cela tend à disparaitre par les effets des médias qui ont décidé que ce serait désormais le nom donné… au maillot de bain une pièce ! Ainsi, la presse People nous annonce une déclaration faite sur Instagram par la designer Emmanuelle Rivassoux « en monokini », sans qu’elle ne découvre un brin de sa poitrine, et les collections de prêt à porter s’y mettent aussi, très largement.

Autre temps, autres moeurs diraient certains. Est-ce vraiment au profit des femmes ? Il n’est même pas certain que l’avenir pourra le dire.

Jean-Luc Bouland

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