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Nudité et nullité font leur cinéma

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La nudité protestataire, utilisée pour faire avancer une cause, ne sert jamais directement le naturisme. Mais, par son utilisation perturbatrice, elle peut influer sur la loi, favorablement ou pas. La prestation de l’actrice Corinne Masiero le 12 mars 2021 à la 47e Cérémonie des Césars, et la réaction de 10 députés à son égard le prouvent aisément.

Ce n’est pas du naturisme, certes, et ne servira pas à en défendre la cause. Pas plus qu’à valoriser la « nudité simple et naturelle« . Mais ce n’était pas le but. La prestation dénudée ce vendredi 12 mars de l’actrice Corinne Masiero à la cérémonie des Césars en a choqué plus d’un. Accusée de vulgarité, de porter atteinte au prestige voulu d’une telle cérémonie, elle a pourtant obtenu ce qu’elle voulait, « faisant le buzz » sur le web et dans les médias pendant 8 jours, et provoquant le débat en opposant l’ire de ses détracteurs attendus aux nombreux soutiens dans sa profession, aujourd’hui sinistrée.

Un geste d’autant plus surprenant que si l’actrice n’est pas à son premier coup d’essai en matière de provocation, elle n’a que rarement montrée sa nudité à l’écran, se définissant même comme « moche » à près de 60 ans. Pour elle, ce geste avait ainsi encore plus de sens, car porteur d’une véritable détresse, et c’est peut-être cela qui gêne encore plus. Le débat reste ouvert, et ce n’est pas ici qu’il sera réglé, chacun pouvant avoir son avis sur la question.

Face à un geste jugé excessif, on ne pouvait qu’attendre une réponse toute aussi disproportionnée. C’est le pas qu’ont franchi, le 16 mars 2021, dix députés du groupe Oser la France », derrière leur collègue Julien Aubert, élu du Vaucluse, pour demander une condamnation de l’actrice pour « exhibition sexuelle » ! Et c’est là que les naturistes peuvent se sentir concernés, au vu des discussions actuelles à l’assemblée concernant un projet de loi destiné initialement à réprimer « les violences et agressions sexuelles et sexistes« .

Ces élus de la République disent se faire les porte-paroles de personnes qui auraient été choquées par ce qu’ils nomment « un strip-tease full monty » à une heure de grande écoute, pouvant choquer des mineurs. Ils informent qu’ils ont « opéré un signalement au procureur de la République à propos de cette démonstration déroutante de Mme Masiero« , précisant « qu’au delà des considérations artistiques ou politiques, il existe certaines dispositions du code pénal, notamment s’agissant de l’exhibition sexuelle imposée à la vue de tous« .

Le courrier adressé le même jour au Parquet de Paris considère ainsi qu’il y a « infraction délictuelle« , car elle a « imposé sa nudité à la vue d’autrui, d’une part, au public présent physiquement dans la salle, d’autre part, aux téléspectateurs de l’émission« , et que ce délit sanctionnable par l’article 222-32 du code pénal peut être constitué car réunissant les trois conditions cumulatives requises « acte matériel impudique, acte commis publiquement et conscience d’offenser la pudeur, élément moral de l’infraction« .

Nul ne sait encore si cette action sera suivie d’effet en justice, ce qui parait peu probable aux yeux de certains. Mais, au delà de la critique compréhensible de l’action proprement dite, une telle perception de la nudité revendicative assimilable à de l’exhibition sexuelle, comme régulièrement pour les Femen, démontre que le débat est loin d’être clos dans la population dans la perception de la nudité. Et c’est là que les naturistes peuvent être concernés, au-delà de tout autre jugement de valeur sur la revendication et les moyens employés.

Jean-Luc Bouland

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