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Meurtre au camping, expériences naturistes

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Dans un camping naturiste, tout peut arriver. Des premières expériences comme des idées de meurtre. Sous les pins de la côte aquitaine, lors d’un été caniculaire, un roman noir n’est pas impossible. et c’est ce que démontre Michel Boisson.

Par Jean-Luc Bouland

« Meurtre au camping ». Le titre du dernier roman de l’auteur palois Michel Boisson, paru dans la collection Moissons noires, est simple, accrocheur, mais peut-être un peu trompeur. car ce n’est pas un camping ordinaire. Dans les Landes, au bord de l’Atlantique, la tranquillité des vacances comme la volonté de réussir de certains personnages va vite être perturbée par les feux de forêt menaçant, mais pas seulement.

En ce lieu édénique, le producteur et scénariste à succès Jean-Marc Golbert s’y plaît depuis de nombreuses années, au point d’y avoir convoqué pour un nouveau projet deux scénaristes concurrents et suffisamment arrivistes pour accepter d’y venir malgré que ce soit naturiste. Des premières expériences forcées dans un lieu qui n’accepte pas les personnes seules, d’où l’obligation de venir accompagné. Yann viendra avec un ami, Maxime, et Killian avec sa compagne, Yasmine. Sur place, dans une ambiance parfois lourde et sulfureuse, comme le veulent les romans noirs, il faudra aussi compter avec Morgane, une jeune surfeuse à la peau marquée par la vie, en job d’été dans ce camping où enfant elle venait en famille, et Ivan, qui connait bien le lieu, aux activités troubles et parfois violentes. En une semaine, Yvan, Maxime, Yasmine et Morgane, sur fond d’attirance et de passé mystérieux, de désir de vengeance et de désir physique, livrent ici au lecteur, jour après jour, leurs témoignages intimes sur les relations familiales et de couples, mais aussi sur le naturisme et le rapport à la nudité, perçue différemment, du rejet initial au plaisir partagé.

Un sujet maîtrisé

Maîtrisant complètement les codes de ce style de roman, étiqueté « cosy murder estival » car se déroulant en un lieu clos avec des personnages définis, Michel Boisson propose ici une histoire sans concession mais toute en nuances, entre descriptions anatomiques (Golbert a un gros sexe) et rapports familiaux conflictuels, sentiments amoureux et blessures mémorielles. Connaît-il vraiment le naturisme ? S’est-il projeté dans le personnage de Maxime, au ton mesuré, qui dit avoir lu deux livres sur le naturisme (cités dans l’index en fin d’ouvrage) ? Ou aussi dans celui de Yasmine, issue des cités comme Killian, qui « kiffe » l’expérience ? Voilà quelques mystères de plus qui ne seront pas dévoilés ici.

Tout ce que l’on peut en dire, c’est que c’est agréable à lire, que l’intrigue est bien soutenue, les personnages savamment présentés, et que même si la sexualisation de certaines situations peut paraître superflue, elle n’en est pas moins bien faite, dans les codes du roman noir. Dans le même registre d’aventures en milieu naturiste, on a connu plus « hard ». Ici, tout parait logique, cohérent avec l’histoire. Et sans jamais dénigrer le naturisme, ce qui est un atout important pour donner envie de le lire.

Des extraits

« Je n’ai pas de prétentions. Je devrais en avoir un minimum… ça m’aurait évité de me laisser entraîner dans cette aventure nudiste ! Bon, je me suis préparé quand même, j’ai lu des articles sur Internet, potassé deux bouquins sur le sujet (…)» Maxime, Page 39

« Toute cette masse de gens, du bébé au vieillard… ces gens qui ont été ou seront ce que nous sommes, qui sont ce que nous serons ou avons été, cette diversité… mais aussi toute cette unité, loin de la foule bariolée des plages habituelles – textiles, comme disent les naturistes (…)» Maxime, page 61.

« Le chalet de mon enfance est devenu comme un ilôt au centre de ce camping, qui est lui-même une île naturiste dans un océan textile… une tour d’ivoire sur une île solitaire cernée de grillage en guide de barrière de corail (…)». Morgane, page 69.

« Nous sommes dans une bulle, isolés du monde par les règles du monde. notre nudité, notre mode de vie ne sont acceptables que parce qu’ils sont exercés dans une bulle, isolés du monde. sinon, c’est la prison, ou au moins une amende (…)» Yasmine, page 185.

« Il m’a demandé si l’expérience naturiste – il a volontairement utilisé ce terme, non sans ironie, m’avait conquise. Je lui ai répondu par l’affirmative tout en ajoutant que ce serait difficile à avouer à mes collègues de bureau. Il y a quand même un blocage chez la majorité des français (…)». Yasmine, page 227.

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