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Nobra, seins libres et féminité !

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Depuis le confinement, les femmes adopteraient de plus en plus le « nobra », selon l’INSEE. Effet de mode ou nouveau mode de comportement ? La sociologue Camille Froidevaux-Metterie y voit aussi une valorisation de la féminité !

Ronds, fermes et hauts, ni trop petits ni trop gros, à la fois sexy et nourriciers, les seins des femmes sont l’objet d’assignations, d’injonctions et de fantasmes innombrables. Or l’expérience de chacune et de chacun est bien loin de se conformer à ces idéaux. Ces standards sont donc fréquemment vécus comme un poison et les seins réels invisibilisés.

Camille Froidevaux-Metterie a mené une enquête auprès de femmes de tous âges qui déroulent le fil de leur existence au prisme de leurs seins : de leur apparition au port du soutien-gorge, de la séduction au plaisir sexuel, du poids des normes esthétiques à la transformation volontaire ou contrainte par la chirurgie, de l’allaitement à la maladie… Dans la civilisation occidentale, si on excepte quelques ouvrages comme le provocateur « Les seins » de Martin Monestier (2001), ceux-ci sont les grands oubliés des luttes féministes. Et l’usage qu’en font les Femen offre un succès plus médiatique que retentissant dans la société. Pour Camille Froidevaux, « appartenant à la fois à la sphère intime et à la sphère sociale, les seins condensent le tout de l’expérience vécue du féminin contemporain, soit ce mixte paradoxal d’aliénation et de libération« .

En librairie depuis le 5 mars 2020. Edition Anamosa.

Ce constat s’inscrit dans une dynamique puissante que l’autrice appelle « tournant génital du féminisme », mouvement de réappropriation du corps des femmes dans ses dimensions les plus intimes : mieux connaître les organes génitaux et leur fonctionnement, lutter contre les violences sexistes et sexuelles, revendiquer l’accès à une sexualité libre et égalitaire placée sous le signe du consentement. Dans la pluralité de leurs formes et la liberté de leur condition, les seins participent de ce mouvement.

Au cours de son enquête, l’autrice a réalisé des portraits de seins des femmes qui évoquent avec force en regard des verbatims et de l’analyse de cette « expérience vécue des seins ».

Les seins des femmes sont-ils le siège incarné, désigné, ressenti du féminin ? « Ils sont en tout cas au coeur de tensions à la fois intimes et sociales, voire politiques, enjeu de l’assignation des femmes à des normes immémoriales et lieu d’une émancipation revendiquée« . Cet essai féministe en dévoile les mille et un signaux à travers une enquête où les femmes livrent leur expérience vécue.

« Mise à nu », du groupe canadien Pimiento. Visible ICI (teaser).

(1) Camille Froidevaux-Metterie est philosophe féministe, professeure de science politique et chargée de mission égalité-diversité à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment l’autrice de La Révolution du féminin (Gallimard, 2015 ; mars 2020 en Folio), Le Corps des femmes. La bataille de l’intime (Philosophie magazine éditeur, 2018). Avec Laurent Metterie, elle a réalisé un docu-fiction sur les femmes politiques (Dans la jungle, 2013) et prépare un film sur ce que le féminisme fait aux hommes, Les Mâles du siècle (juin 2020).

Une enquête IFOP qui semble confirmer…

Cet ouvrage met ainsi en avant une tendance proche des mouvements #FreeTheNipple et #NoBra qui semblent avoir explosé pendant le confinement. Faut-il y voir une tendance de fond à ne plus porter de soutien-gorge, un simple effet de mode ? Ces hashtags mènent la vie dure au soutien-gorge depuis le confinement. Partout dans le monde, et notamment en France, il semblent que les femmes ont vu pendant cette période l’occasion de se dispenser d’un accessoire plus souvent porté par habitude ou convention sociale, pour le paraitre, plutôt que par réelle nécessité. Une récente enquête Ifop, datant de juin 2020, semble le confirmer, mais sans faire d’extrapolation dans le futur.

Avant le confinement, à la date du 3 février, l’Ifop avait demandé à un échantillon de femmes de 18 ans et plus si elles portaient tous les jours un soutien-gorge, et à quelle fréquence elles en changeaient. « Elles étaient alors 3% à déclarer ne jamais en porter (ou presque jamais), contre 7% à la date du 12 juin 2020. Cette tendance est encore plus marquée chez les femmes de moins de 25 ans, qui étaient 4% avant, contre 18% actuellement, à dire non au soutien-gorge quotidien« .

50% des femmes interrogées faisant du télétravail déclarent ne pas en porter. Une tendance récente, 44% d’entre elles déclarant avoir commencé il y a moins d’un an à s’en passer, et seulement 6% affirmant le faire déjà avant. mais ce qui vaut chez soi vaut-il pour l’extérieur, en public ? Là, Le pourcentage chute drastiquement à 29%, voire 17% pour celles utilisant les transports en commun (5% il y a plus d’un an).

juju ne porte pas de soutifs, parle de tétés, et ne les montrent pas ICI.

Pourquoi arrêter d’en porter ? Parce que ce serait inconfortable (53%), voire négatif pour les poitrines (42%) Et 32% des femmes de moins de 25 ans le refusent pour « lutter contre la sexualisation des seins féminins qui impose de les cacher au regard d’autrui« .

Enfin, ce qui confortera la thèse défendue par Camille Froidevaux, « 55% des femmes de moins de 25 ans déclarent avoir fait l’objet de regards libidineux, etc, du fait de leur poitrine », 38% déclarant avoir déjà eu une remarque à ce sujet et 25% à avoir été touchées sans leur consentement. 52% reconnaissent aussi dissimuler leur poitrine sous un foulard pour éviter le regard des hommes.

Ne pas porter de soutien-gorge, assumer sa poitrine, comme d’autres femmes le faisaient déjà voilà 40 ans, serait don un acte militant d’affirmation de soi et de sa féminité, il est vrai bien maltraitée dans une société qui accepte mal que l’on montre ses seins en public, simplement pour allaiter !

*Étude Ifop pour Xcams  réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 9 au 12 juin 2020 auprès d’un échantillon de 3018 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.

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