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Tout nu, c’est tout nous !

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« Un tiraillement. Le premier signe qu’elle avait senti était un tiraillement. Dans le bas-ventre« . C’est par les premiers signes d’une grossesse que commence l’histoire de Mathilde, modèle nu depuis 14 ans, dont 11 à plein temps. Mathilde, l’héroïne du premier roman de Laure Becdelièvre* paru début 2020. Une grossesse qui chamboulera son quotidien, mais pas sa perception de la nudité.

C’est un sujet inhabituel, pour une histoire presque banale. Une histoire qui raconte neuf mois de la vie d’une femme, et banalise la nudité, la rend perceptible par toutes, sans pour autant parler de naturisme. et c’est très bien. « Tout nu, c’est tout nous« , lit-on déjà dans les premières pages. Et cela ne se démentira pas au fil de l’histoire.

Sur un ton agréable, sans conteste « dans une écriture simple et accessible« , l’auteur nous fait vivre tous les aspects de l’évolution de la grossesse de Mathilde, son héroïne, ses doutes et ses appréhensions, ses joies et ses rencontres artistiques. « Entre les tiraillements physiques et les bouleversements psychologiques, le test de grossesse et le choix du prénom, l’intime vient se mêler à l’extérieur. Son corps qui change et ce bébé qui s’agite en elle se retrouvent esquissés par des élèves en atelier ou d’écoles d’art« . Alliant à cela en filigrane un drame personnel en phase avec l’actualité, l’histoire prend corps, et nous prends au corps. Comme pour donner envie à toutes les femmes d’assumer le leur, en posant nues, par exemple. En interpellant les hommes sur le vécu d’une grossesse, et en interrogeant chacun sur sa perception de la nudité, la sienne comme celle des autres.

Extraits

« Peu à peu, Mathilde était parvenue à devenir un objet d’étude, de création. Un modèle vivant de nu artistique, déclarait-elle de manière un peu sentencieuse lorsque son interlocuteur haussait les sourcils, commençait à se figurer la fille facile, ou le tas de viande« . (P. 17)

« Un corps nu de femme… C’est auprès d’un corps nu de femme que chaque vie humaine commence (…) Par delà le scandale de la nudité, du choc à être remis tout à coup en contact avec elle, retrouvent-ils à la vue du modèle un peu de réconfort, replongent-ils fugacement dans le souvenir du paradis perdu ? » (P44)

« Puisque habillée elle ne se sentait pas à sa place, elle irait se dénuder dans les ateliers et les écoles. Moins pour aller jeter à la face du monde ce corps avec lequel elle n’avait plus envie d’avoir d’intimité que pour apprendre à l’apprivoiser (…) (Nadia) se percevait grosse, peut-être nue la découvrirait-on belle« . P 65.

« Nadia n’était pratiquante d’aucune religion, bien au contraire elle était opposée à toutes celles qui proscrivait le nu« . P 123

 *Née à Rennes en 1979, Laure Becdelièvre a réalisé un court-métrage (Mon chien, 2004) et publié notamment deux essais : Nietzsche et Mallarmé (2008), qui a reçu le prix Henri  Mondor de l’Académie française en 2009, et Au creux des heures (2012).

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