Lors de son assemblée générale 2025, la FFN a décidé la mise en place de référentes femmes pour répondre à toutes les interrogations que celles-ci pourraient se poser sur le naturisme, décrété une année de la femme et réalisé des flyers sur le naturisme à destination exclusive des femmes. Tout en saluant ces orientations, Hugues D. Fait le point dans naturisme magazine N°96, « à une époque où en réaction à E#Metoo de plus en plus d’hommes remettent au goût du jour la virilité« .

La tâche pour parvenir à cette parfaite égalité n’est pas facile tant les normes sociales que les hommes ont imposé à l’humanité en défaveur des femmes sont séculaires. Marie de Gournay, l’éditrice de Montaigne, dans son livre Egalité des hommes et des femmes, publié en 1622 dénonçait déjà ces rapports déséquilibrés. Il n’y a d’ailleurs pas un seul siècle où des femmes ont lutté contre cette emprise masculine comme Olympe de Gouges qui a cru que la Révolution française serait aussi la révolution pour l’émancipation des femmes. Elle a publié en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne mais elle fut guillotinée en 1793 car considérée comme trop pacifiste.
Cette normalité patriarcale est tellement présente que le sociologue Pierre BOURDIEU démontre dans son ouvrage sur La domination masculine que les schémas de domination masculine sont si bien ancrés dans les esprits que « la relation de domination » qui est imposée aux femmes conduit à ce que « leurs actes de connaissance sont, inévitablement des actes de reconnaissance, de soumission » et pour enfoncer le clou l’historienne Gerda LERNER ajoute : « Le système de patriarcat ne peut fonctionner qu’avec la coopération des femmes ». L’anecdote dénoncée récemment par Camille CERF, Miss France 2015, l’a encore prouvé. C’est une femme qui l’a agressée sur sa tenue alors qu’elle était en maillot de bain mais qui a laissé passer sans aucune remarque un groupe d’hommes torses nus et en short. Et on pourrait citer de multiples autres exemples de ce type.

Toute l’histoire depuis que le patriarcat existe, quel que soit le domaine d’activité, montre que pour rétablir une égalité avec les hommes, la femme doit se battre. Par égalité il ne faut pas comprendre égalitarisme, c’est-à-dire que les femmes doivent devenir hommes ou les hommes devenir femmes, mais il s’agit plutôt de réciprocité où chaque genre apporte à l’autre ses qualités et ses défauts à condition de corriger ces derniers ensembles et non pas dans le sens voulu par les hommes. Chaque avancée vers cette égalité ne s’est pas faite par la volonté des hommes mais par le courage des femmes. Le premier marathon de Boston est créé en 1886. Les femmes étaient interdites de participation. En 1969 Nina KUSCSIK s’inscrit sous une identité masculine. Son score ne sera pas homologué mais grâce à elle cette course devient mixte en 1972. Aujourd’hui 50% de femmes et 50% d’hommes y participent.
Ce cheminement est vrai pour d’autres sports. Il faut attendre 1977 pour que les compétitions de surf soient ouvertes aux femmes. 25% de femmes étaient licenciées en 2008, 40% en 2025 et petit à petit la proportion progresse vers une mixité complète mais avec le maintien d’à priori patriarcaux. Silvana LIMA, surfeuse brésilienne professionnelle, a témoigné que « Les marques de surf veulent à la fois des mannequins et des surfeuses. Si vous ne ressemblez pas à un mannequin, vous vous retrouvez sans sponsor, et c’est ce qui m’est arrivé. Vous êtes exclue, à jeter. Les hommes n’ont pas ces problèmes ». Cette discrimination se retrouve dans presque tous les domaines d’activité.
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