Lors d’un précédent article (voir Naturisme magazine N° 93) nous avons vu que lorsque qu’Ève et Adam prirent conscience de leur nudité, ils la cachèrent derrière un pagne fait de feuilles de figuier. Dans l’iconographie médiévale le pagne fut vite transformé en une simple feuille… qui fut ensuite remplacée à la Renaissance par une feuille de vigne. Dans Naturisme magazine N°97, Guillaume Lemoine propose quelques explication…

Les raisons de cette transformation ne sont pas claires et pendant de nombreux siècles les deux feuilles (voire de multiples autres artifices comme des branches, cheveux, mains habilement placées, coquillages, drapés,…) furent utilisées pour cacher les sexes dans les représentations de nu.e.s., conditions souvent sine qua non pour pouvoir les représenter compte tenu de la censure de l’Église puis de la morale bien pensante de la société. Notons que lorsque nous utilisons facilement les termes de « feuilles de vigne » pour nommer les « caches-sexes » des statues et des personnages des peintures, d’autres langues notamment l’anglais utilisent l’expression de « feuilles de figuier » pour désigner le voile de pudeur qui cache légèrement ou plus ou moins efficacement quelque chose de gênant ou que l’on souhaite « montrer sans le montrer » (comprendre ici la totale nudité du personnage) sans la faire disparaître véritablement. La « feuille de figuier/vigne » désigne également une méthode, au sens propre ou figuré, utilisée pour dissimuler un acte ou un objet jugé embarrassant ou déplaisant par un élément d’apparence anodine.
Masquer ce que l’on veut montrer. Les premières représentations de nu.e.s dans l’art roman utilisent la feuille de figuier. L’utilisation d’une feuille de vigne pour masquer le sexe des représentations de nu.e.s est apparue en Italie à partir de la Renaissance. La Renaissance redécouvre en effet l’art gréco-romain. Les statues de l’époque antique représentant les dieux, héros, nymphes et autres personnages célèbres ne s’embarrassaient pas de contraintes. La totale nudité est de mise et les organes génitaux masculins sont toujours bien visibles. Le pubis des femmes reste quant à lui plus discret (glabre, lisse et sans relief). Cette tradition s’est maintenue jusqu’à la conversion de l’Empire romain au christianisme. Le nu artistique (héroïque ou mythologique) disparait au Moyen-Âge, où les seules représentations de nu.e.s ne concernent qu’Ève et Adam et la représentation des damné.e.s en enfer ou au purgatoire. La Renaissance qui redécouvre la richesse de l’art antique produit à son tour de très nombreuses oeuvres jusqu’au moment où l’Église, en réaction aux libertés prises par les artistes, impose lors du Concile de Trente (1545) une modification des codes qui provoque l’altération ou la transformation de nombreuses œuvres d’art visant à masquer la nudité des sujets représentés. Ces modifications sur les peintures sont appelées surpeint ou repeint de pudeur; comme ce qu’imposa Pie IV à tous les corps nus jugés indécents. Le sexe des nus du plafond de la chapelle Sixtine peints par Michel-Ange sont couverts d’un tissu peint par Volterra, disciple de Michel-Ange, qui sera surnommé pour ce travail le « faiseur de culottes »(…
Découvrez l’intégralité de l’article dans Naturisme magazine N°98

POUR NE RIEN MANQUER, ABONNEZ-VOUS
A NOTRE NEWSLETTER HEBDOMADAIRE











