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La nudité urbaine vécue comme une thérapie

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« Piscine, bowling, restaurant, cours de chant, sorties au musée…: le naturisme urbain séduit de plus en plus grâce à une offre diversifiée à Paris mais les femmes restent réticentes à ces nouvelles pratiques, craignant amalgames et préjugés (…) Le spectre des activités naturistes en ville s’est encore élargi samedi dernier lors du salon de « l’Art de vivre nu » à Paris, qui a notamment proposé des cours de yoga nu en plein air ou du clubbing naturiste ».

Le constat résume beaucoup de choses, et a été repris par de nombreux médias dans la semaine du 10 juin, grâce à la présence à la fête de l’art de vivre nu, le 9 juin, d’une journaliste de l’AFP. Ce jour là, l’évènement se déroulait au Point éphémère, dans le Xe arrondissement, à l’initiative d’Imaginat, et créait sans conteste l’évènement. C’était la seconde fois que ce lieu « branché » parisien organisait un évènement à « vêtement optionnel », où participants et intervenants, nus ou habillés, côtoyaient dans les salles et même sur la terrasse, en bord de canal, des touristes ou parisiens venus tout simplement se restaurer ou consommer. Une pancarte à l’entrée prévenait le public, ne prenant personne par surprise…et généra même pour quelques visiteurs découvrant le programme un déshabillage spontané.

Etonnant ? Purement parisien ? Atypique ? Marginal ? Peut-être un peu de tout à la fois, mais qu’importe ? Pour cette deuxième édition en ce lieu, avec une programmation beaucoup plus large qu’en 2017, Imaginat s’était donné comme thème « Art-thérapie, nu-thérapie », et multipliait tout autant les partenaires qu’elles diversifiait ses activités et ses interventions. Entre cours de yoga et cours de dessin, séance d’hypnose et performance artistique, concert classique et interventions humoristique, le programme ne manquait pas d’attrait.

Le point d’orgue de la journée, réunissant près de 70 personnes, était sans conteste le débat de milieu d’après-midi, présenté par Julien Claudé-Pénégry, et réunissant à la tribune deux auteurs, Hubert Prolongeau et Patrick Cavenair, et un professeur de chant, Vincent Simonet. Chacun à sa manière, explicatif, historique ou émotionnel, sut capter l’attention de l’assistance, et développer habilement son propos pour affirmer les bienfaits de la nu-thérapie*.

Mais, sans conteste, le constat fait par la journaliste de l’AFP était évident là aussi. Les femmes y étaient rares, et encore plus rares étaient celles qui se dévêtirent pour être en osmose avec le sujet, si l’on excepte deux élèves vidéastes en reportage, et Anekiel, la présentatrice de , heureuse d’être nue dans un lieu qu’elle à l’habitude de fréquenter dans des tenues plus classiques. Vincent Simonet, le professeur de chant, indiquait à l’AFP se réjouir du « foisonnement de ces trois dernières années à Paris » dans le développement d’activités se pratiquant nues, mais regrettait ne compter qu’un quart de femmes parmi les élèves participant à ses stages. « Quand elles viennent, tout le monde se réjouit et dit: +Ah des filles !+ ». Et n’hésitait pas à lancer un défi : « quelle femme organisera demain un évènement naturiste à Paris? « . Un défi qui ne pouvait déplaire à Jean-Lou Dumon-Carbonnet, président d’Imaginat, pour qui « les femmes ont aussi le droit, et surtout le besoin de libérer le corps et l’esprit ». Ce n’est pour rien qu’il avait invité une photographe, Béatrice Landré, à installer son studio pour immortaliser les personnes présentes, dans le cadre d’un projet artistique qui sera présenté lors de l’édition 2019.

Convaincre un plus grand nombre de femmes à participer à un tel évènement, voir à créer le leur, est est un beau challenge, mais qui n’était pas plus osé que l’existence même de cet évènement à cet endroit. Si la direction, et les propriétaires du lieu ne voyaient aucun inconvénient à cette pratique naturiste dans leurs murs, l’assumant et assurant qu’une 3e édition pourrait s’y tenir dans les mêmes conditions en 2019, il n’en était pas de même du public « lambda » utilisant le quai adjacent pour aller à la journée portes-ouvertes de la Caserne de pompiers mitoyenne. Au nom de la protection « de leurs enfants », certains parents n’hésitèrent pas à se plaindre, voire à prévenir la police…ce qui fit quitter la terrasse, pourtant occultée et signalée en conséquence, beaucoup  plus tôt que prévu.

« C’est encore là qu’il y a du travail à faire pour cette acceptation », soulignaient nombre de participants, particulièrement agacés, bien que dociles. A l’époque où chacun revendique de pouvoir exister là où il est, ici et maintenant, dans l’intégralité de ses choix, il est vrai que tout le monde n’est pas encore prêt à accepter la vision de la nudité de l’autre. Et la sienne, par contrecoup…

*La 3e édition, prévue les 8,9 et 10 juin 2019, aura pour thème « Le rêve nu ».

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