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Les « podos » se sont mis à poil

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Et de 3 ! Après les infirmières et les dentistes, ce sont les podologues qui se sont mis nus, début mai, pour alerter des autorités sur leurs conditions de reprise ce 11 mai. Encore des professionnels de santé qui manquaient de masques, et doivent investir dans du matériel supplémentaire.

« À poil, c’est pas le pied« , le message est clair. À l’image des dentistes et des infirmières libérales, les podologues tirent également la sonnette d’alarme en posant nus dans une vidéo postée sur Vimeo mercredi 6 mai. À l’origine de ce rassemblement, Rachel Delencre-Bisiaux, dont le cabinet se situe à Hem dans le Nord. « Beaucoup de pédicures et podologues se plaignaient sur les réseaux sociaux, il fallait que les choses bougent, j’ai donc créé un groupe sur Facebook où chacun pouvait envoyer sa photo« , a-t-elle expliqué à France 3

Un message relayé ainsi, photo à l’appui, par plus de 700 de ses consoeurs et confrères, dont Bertrand Larrère, installé dans la Drôme, qui n’a pas hésité à se joindre au mouvement. l« Être obligé de se foutre à poil pour avoir des masques, ce n’est pas très normal ! », a-t-il dit au quotidien Le Dauphiné libéré.

Bertrand Larrère

Jusqu’à 55 euros la boîte de masques

« Au début de l’épidémie, par citoyenneté, nous avons fermé nos cabinets, et par solidarité nous avons tout donné (masques, gants…) à ceux qui étaient en première ligne. Nous avons fait notre part à l’effort de guerre », explique-t-il.

Aujourd’hui, pour rouvrir, leurs cabinets, il leurs faut « des charlottes, des surblouses, des visières, des masques », pour eux et pour leurs patients, et même des pantalons spéciaux ». Or, regrette-t-il, « l’État ne nous donne rien. Nous n’avons droit à aucune dotation en masques et certains fournisseurs s’engraissent sur notre dos : 55 euros la boîte de masques au lieu de 3,50 euros en temps normal. Et de toute façon, il est quasi impossible de se fournir. Cela nous agace d’autant plus, que les grandes surfaces s’en procurent plus facilement que nous. »

Une aide pour les professionnels de santé libéraux, destinée à compenser leur perte d’activité, a été mise en place par le ministère de la Santé fin avril. Ainsi, les médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, dentistes, orthophonistes libéraux sont notamment éligibles à cette aide, mais pas les podologues. « On est des professionnels de santé diplômé d’Etat et l’Etat ne nous reconnaît pas », regrette Mikael Bettan. « C’est parce que nous ne faisons pas suffisamment d’actes conventionnés, explique Rachel Delencre-Bisiaux, alors que l’on cotise exactement la même chose que les autres.« 

Autre problème : « À cause des faibles remboursements de l’Assurance maladie, nous avons subi deux mois sans chiffre d’affaires, et aujourd’hui, on nous dit de rouvrir avec des conditions de travail insoutenables financièrement. Pour nous faire entendre, on fait avec les moyens du bord, c’est-à-dire avec rien… »

Le 2 mai, les professionnels ont posté un message sur les réseaux sociaux : « Nous avons mis une photo de chacun d’entre nous, nu, dans notre cabinet, avec un message inscrit sur une simple feuille A4 : “podo à poil, très en colère !” »

La mobilisation semble avoir payé. Depuis le jeudi 7 mai, les podologues bénéficient d’une dotation de l’Etat. 12 masques leur seront distribués chaque semaine. « C’est trop peu, on utilise beaucoup plus de matériel, au même titre que les dentistes (qui bénéficient de 24 masques par semaine)« , souligne Rachel Delencre-Bisiaux. « Heureusement, on a eu des aides au niveau local, ce qui n’est pas le cas dans toutes les régions !« 

Et, dans les Hauts-de-France, le conseil régional et l’URPS Pédicures-Podologues ont ainsi fourni ces jours-ci 42 masques chirurgicaux et 9 masques FFP2 par podologue. « On devrait avoir des surblouses, mais pour l’instant elles ne sont pas arrivées, indique Mikael Bettan, parce qu’il ne manque pas que des masques, il faut un vrai équipement de cosmonaute !« 

Rachel Delencre-Bisiaux

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